Amélie Duguet (Institut de Recherche en Education, Université de Bourgogne Franche-Comté)
« Le cours magistral en première année universitaire : de la construction des pratiques d’enseignement à l’analyse de leurs effets sur la scolarité des étudiants »
Mercredi 15 juin 2022, 17h00-18h30

Vidéo de la conférence disponible en ligne : ici

Résumé
La massification de l’enseignement supérieur et plus particulièrement de l’université au cours du vingtième siècle a engendré une multiplication du nombre de cours magistraux (Bruter, 2008), notamment en réponse à des préoccupations économiques. Ce type de cours constitue alors une forme d’enseignement où l’enseignant dispense oralement le savoir devant des étudiants censés le recueillir (Bruter, 2008), représentant ainsi l’avantage de transmettre rapidement des contenus de cours de manière transmissive (Mocquet, 2018). Le cours magistral est alors devenu un objet de recherche à part entière, faisant notamment débat concernant son efficacité sur les apprentissages. C’est ainsi qu’en parallèle de l’accroissement et de la diversification du public étudiant dans les années 1990, des auteurs font état d’un format de cours inadapté à l’hétérogénéité de la population étudiante (Altet, 1994) et susceptible de constituer un facteur d’échec en premier cycle (Leroux, 1997). Les cours magistraux sont perçus comme étant des « monologues expressifs » qui « informent sans réelle communication avec l’auditoire » (Altet, 1994). Des recherches datant de la fin des années 2000 montrent que l’exposé magistral du cours en cours magistral CM exerce un effet significatif sur l’assiduité des étudiants (Moore, Armstrong et Pearson, 2008), est lié à un plus grand ennui des étudiants (Mann et Robinson, 2009) et génère une compréhension et une rétention limitée des contenus (de cours) (Short et Martin, 2011). Bien que tenant aujourd’hui encore une large place dans les maquettes de formation, la pertinence du cours magistral fait l’objet d’un certain questionnement dans la littérature scientifique (Berger, 2012 ; Petit, 2015) et plus largement dans les médias. Pour autant, en France, peu de travaux empiriques ont porté au cours de cette dernière décennie sur le cours magistral. Aussi, nous proposons dans cette présentation de réaliser une synthèse de différents écrits produits depuis 2014 quant à trois dimensions. La première concerne la description des pratiques pédagogiques et numériques des enseignants dans le cadre des CM. La deuxième vise à identifier les facteurs explicatifs de ces pratiques, notamment en abordant le rôle des caractéristiques personnelles des enseignants, de leur sentiment de compétence et de leurs compétences transversales. Enfin, la dernière dimension porte sur l’analyse des effets des pratiques d’enseignement en cours magistral sur la scolarité des étudiants, en termes de motivation, d’engagement ou encore de réussite.

Articles en lien avec la conférence :

Berthaud J. et Duguet A. (2022). Interactions verbales enseignants – étudiants en cours magistral et compétences transversales des enseignants : une analyse des représentations enseignantes au sein d’une université française. Education et socialisation, 63. pdf ici

Duguet A., Morlaix S. et Pérez W. (2018). Utilisation du numérique par les enseignants à l’université : description et analyse des facteurs explicatifs. Lien social et politique, n°81, p.192-211. pdf ici

Duguet A. (2018). Le cours magistral en première année universitaire : des pratiques pédagogiques rénovées ? Carrefours de l’Education, vol.1, n°45, p.93-113. pdf ici

Duguet A. (2015). Les pratiques pédagogiques à l’université en France : quels effets sur la réussite en première année ? Le cas du cours magistral. Recherche et Formation, n°79, p.9-26. pdf ici

Duguet A. (2015). Perception des pratiques pédagogiques des enseignants par les étudiants de première année universitaire et effets sur leur scolarité. Revue Française de Pédagogie, n°192 – juillet-août-septembre 2015, p.73-94. pdf ici

Page personnelle d’Amélie Duguet : lien ici